Auteur Sujet: Deux valises pour un amour  (Lu 112 fois)

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Hors ligne Andre AUBRY

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Re : Deux valises pour un amour
« Réponse #2 le: 13 octobre 2016 à 14:16:49 »
Bonjour Luc,

Merci de nous avoir fait partager cette histoire émouvante.

Je vais créer le dossier nominatif de votre père et y placer un lien vers ce message.

Cordialement

André
Ne vis pas pour que ta présence se remarque mais pour que ton absence se ressente.

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Deux valises pour un amour
« Réponse #1 le: 13 octobre 2016 à 14:02:53 »
Deux valises pour un amour

Que peuvent avoir à faire deux valises avec l’amour?
C’est à cause de la guerre que cela s’est produit.

Cela devait être ainsi.
L’horrible guerre a rapproché deux êtres.
Un amour a grandi et comme il se doit, un enfant auquel on donna le nom de Luc.
Les deux fautifs étaient ma maman, Edith Würzberger domiciliée à Leipzig et mon père, prisonnier de guerre du Stalag IV G -  Oschatz.
Voici un bref  aperçu de ce qui s’est passé (malheureusement certains faits demeurent obscurs  et ne  parviendront guère à être éclaircis).
 Mon père, un homme élevé de manière libérale comme tous les hommes sensés de ce monde est né le 28 juillet 1915 à Yvetot en Normandie dans le nord de la France.
 Professionnellement il suivit une carrière de mécanicien automobile.
Après une formation de réserviste de 1935 à 1939 il fut enrôlé à Rouen dans l’armée française. (C’est à dire dans la 53e division, 239e Régiment d’Infanterie, Compagnie Hors Rang qui comprenait des unités de ravitaillement, d’approvisionnement, de réparation et de service sanitaire.)(Général Corap).
Le 14 mai 1940 au nord de Rethel il tomba aux mains de la 1ère et 2e division de panzer de l’armée allemande (Général Guderian). L’armée française perdit là près de 3000 soldats faits prisonniers ainsi que 50 chars d’assaut et 28 canons. Il a été immatriculé sous le numéro 29629 au Stalag IV B Mühlberg.
Le 15 septembre il a été transféré au Stalag IV D (Torgau) et le 21 août 1941 à nouveau déplacé au Stalag IV G (Oschatz).
Dans son temps d’Allemagne il a été affecté à différents Kommandos de travail.
A partir du 22 juin 1940 au Kommando de travail de Wildschütz Kreis de Torgau
A partir du 28 avril 1941 à Leipzig, chez Assmus, Kreis Leipzig OuestA partir du 28 juillet 1943 à l’usine de réparations automobiles Engelhorn et Thalheim à Leipzig Eutritzsch, rue des comtes.

C’est à Leipzig que mes parents ont du se connaître et apprendre à s’aimer. J’en suis le résultat.
Après la guerre mon père fut obligé de quitter l’Allemagne en application des accords de Yalta le 28 mai 1945.
Il revint en France à Longyon (Lorraine).
Puis il fut réenregistré à Rouen.
Ainsi prit fin un amour laissant à Leipzig une valise n°1 et un enfant.
Les conditions en vigueur en RDA ne me permirent malheureusement jamais de faire connaissance personnellement avec mon père.
Après d’importantes recherches je trouvais pour la première fois ma famille en France en 1983.
Compte tenu des relations étroites qui s’en sont suivies avec ma famille française, mon demi frère m’a envoyé la deuxième valise pleine de beaucoup de photos et de documents de notre père qui ne restent malheureusement pour moi que des souvenirs.
C’est comme cela que deux valises ont un lien avec l’amour.

Lutz Würzberger

PS : Merci à Jean-Yves REHAULT pour la traduction du document en français